mercredi 10 octobre 2007

Et si on en revenait aux questions cruciales? Crise dans la sûreté nucléaire en Belgique?

Notre attention portée sur la seule formation du gouvernement, nous oublions que pendant ce temps, il se passe des choses qui auraient elles aussi, besoin d’un sérieux coup de projecteur.

En Belgique, l’électricité est fournie, dans une proportion importante, par les centrales nucléaires. Nous avons deux sites sur notre territoire, Doel en Flandre et Tihange en Wallonie. (Chouette, pourraient se dire les fervents promoteurs d’un séparatisme rapide, pour une fois que nous n’aurons pas à faire face à un déséquilibre communautaire..)

Le problème qui se pose actuellement, en toute discrétion, est la situation étrange, presque en marge de l’officiel, que traverse le contrôle de la Sûreté Nucléaire en Belgique.


« La Sûreté Nucléaire dans une installation nucléaire est l’ensemble des dispositions prises à tous les stades de la conception, de la construction, du fonctionnement et de l’arrêt définitif pour assurer la protection des travailleurs, de la population et de l’environnement contre les effets des rayonnements ionisants. Il s’y ajoute des mesures techniques pour optimiser la gestion des déchets et effluents radioactifs.
Un niveau de sûreté adéquat est obtenu grâce à un ensemble de mesures de natures différentes couvrant aussi bien des aspects techniques et organisationnels que culturels. » Et ce en appliqaunt le principe de « défense en profondeur », c’est-à-dire l’application conjuguée de la PREVENTION : éviter la défaillance, la SURVEILLANCE : anticiper la défaillance ou la détecter immédiatement, et des MOYENS D’ACTION : limiter les conséquences de la défaillance.


Cette mission était remplie à temps plein et avec toute l’expertise voulue dans tous les domaines d’ingéniérie nécessaire à cette tâche, par un organisme indépendant, l’a.s.b.l. Association Vinçotte Nucléaire. « Etait » est le terme à employer, non que la volonté de faire ce contrôle dans les règles de l’art ait diminuée, ni que l’indépendance soit mise en défaut, non… simplement, la situation actuelle, depuis le premier septembre 2007 en Belgique est que les organismes agréés ont perdu leur indépendance et peu à peu leur expetise au profit de l’Agence fédérale pour le contrôle nucléaire ( AFCN ou FANC ) ainsi que le prévoyait un long processus initié en 1994.

Il y eut quelques rebondissements. On se souvient peut-être que fin 2005, les responsables de l’agence furent attaqués pour leur mauvaise gestion et que s’en suivit moultes démissions et restructuration à sa tête. AVN, qui luttait alors, avec d’autres organismes agréés de classe II et III pour la survie de sa mission de contrôle, cru que des jours meilleurs étaient enfin arrivés pour sa structure et la continuité de son expertise.

Mais l’agence étêtée fut redressée par son nouveau directeur, M. Willy De Roovere, et les délibérations à Chambre tranchèrent en défaveur des organismes agréés. Privilégiant la reprise par l’agence de l’ensemble des activités de contrôle nucléaire, sans plus de délégation à d’autres entreprises privées. Conclusion : le seul organisme possédant l’ensemble des Inspecteurs de classe I, habilité et expérimentés pour procéder à ces contrôles, supportés par deux département de recherche et développement et d’expertise en projets internationaux… se vit décréter la fin de son activité à court terme ( avant fin 2007), ainsi que le décrète les conclusions émises par la Chambre :

“Relations avec les organismes agréés
art 12. La Chambre considère qu’il doit être procédé à la filialisation des organismes agréés, sous la forme d’une société de droit public placée sous le contrôle de l’Agence. Cette filiale dont le capital sera fourni par l’Agence, se chargera d’effectuer les contrôles imposes par la loi et qui sont aujourd’hui dévolus aux organismes agrées. Ceci en respectant la règlementation européenne. Pendant qu’est envisagée une nouvelle forme de relation entre organismes agréés et l’AFCN, l’Agence doit devenir tout à fait opérationnelle et doit avoir réussi à surmonter les dysfonctionnements du passé. Entre-temps, l’AFCN doit renforcer le contrôle qu’elle exerce sur le travail des organismes agréés en élaborant notamment des programmes d’inspection «ex ante» que les organismes agréés devront obligatoirement appliquer. L’Agence doit systématiquement pouvoir approuver le programme d’inspection concret conclu entre l’exploitant et l’organisme agréé et doit pouvoir sanctionner de manière plus adéquate en cas de non-respect.
De la sorte, l’Agence disposera d’outils clairs et transparents lui permettant de vérifier la qualité des contrôles réalisés par les organismes agréés. L’Agence doit également fixer les barèmes applicables aux tâches directement liées aux obligations de sécurité nucléaire. “


Soit, un organisme unique, l’Agence, avec des filiales publique absorbant sans autre procès les organismes privés indépendants existants. Ca c’est pour la coquille, mais pour qu’elle ne reste pas vide… “La Chambre invite la direction de l’Agence à mettre en oeuvre une politique moderne de resources humaines, lui permettant d’attirer du personnel hautement qualifié et encourageant une rotation (interne et externe) du personnel. A cette fin, il est primordial que l’Agence élabore un statut applicable à l’ensemble de ses employés et favorise la création d’un forum de concertation favorisant le développement d’une réelle culture d’entreprise.”

En matière de « politique moderne de ressources humaines », le directeur de l’agence vint alors proposer à l’ensemble du personnel d’AVN d’être repris dans l’agence, sans sourciller sur les détails, afin, dit-il de garder l’ensemble de l’’expertise sans perdre des connaissances, acquise depuis le début des contrôles de Sûreté en Belgique. (Certains experts d’AVN ayant connu la construction des toutes premières centrales nucléaires…) Mais voila, AVN est une asbl, elle possède son petit patrimoine qui, en cas de cessation d’activité, ne peut revenir qu’à une asbl partageant les mêmes objectifs de protection du public et de promotion de la Sûreté nucléaire… Et ses directeurs, et leur conseil d’administration inféodé,habitué à batailler pour leur survie, leur indépendance et leur gagne-pain, ne virent pas d’un bon œil cette proposition. Ils dépassèrent donc, fin août, la date de l’ultimatum « tous d’un coup ou bien pas de cadeaux » donné par le directeur de l’Agence… et perdirent là l’occasion de privilégier la cohérence des équipes d’experts et de contrôleurs nucléaires…

Fin août, AVN perdit aussi le blanc-seing de l’Agence quant à son agrégation officielle, sans que , pour autant, un autre organisme puisse satisfaire aux contrôles réguliers en centrales nucléaires. L’agence permit une délégation officieuse, jusqu’à ce que sa section de contrôle soit effective, fin 2007, début 2008. Mais que se passe-t-il pendant ce temps dans les rangs du personnel d’AVN ? Les plus réactifs s’en vont, non pas nécessairement vers l’Agence, mais là où ils trouvent à travailler. Des trous se font parmi les rangs des experts, laissant planer quelques questions quand à la permanence de qualité des expertises menées dans le sillages des contrôles par les experts de Classe I….

Et qu’en sera-t-il de l’énorme savoir implicite et explicite accumulé par ces experts, dont certains ayant dépassé l’âge de la retraite, continuaient à œuvrer dans leur société pour permettre une passation des connaissances ? Qu’en sera-t-il des tonnes de rapports, documents, revues spécialisées, et des systèmes de gestion documentaires relatifs aux centrales et tellement nécessaire en cas de petites ou grandes modifications voire de démantèlement ? A qui ira le patrimoine d’AVN après tous ces transfert, de grée ou de force ?


Et… ? Et alors ? Quel est le rapport avec la situation politique actuelle, me direz-vous ? Rien, rien sinon que comme toujours, l’important se passe très loin de l’actualité politique. Que pendant qu’on attend, qu’on attend, qu’on attend un nouveau gouvernement en Belgique, des questions aussi importantes que la sûreté nucléaire et le contrôle parlementaire des organismes fédéraux déclinent. Et que des dérives engendrées par des décisions parlementaires, faites sans grande publicité et pour les conséquences concrètes desquelles les citoyens ne sont pas amenés à exercer leur droit de regard, risque peut-être de créer des situations de moins en moins bonnes pour la Sûreté au départ d’une situation de contrôle qui forçait le respect de nos voisins européens…

Cela aussi, la chambre, quand elle fonctionnait encore, l’avait prévu :
« La Chambre juge que la «culture du secret» doit céder le pas à la règle fondamentale de la publicité de l’administration. (…) Dans un secteur comme celui du nucléaire, la Chambre estime en effet que l’intérêt général (et, en particulier, la santé de la population) doit primer sur l’intérêt économique individuel. L’Agence doit favoriser la transparence interne et externe et garantir la qualité des informations transmises.”

“La Chambre estime qu’une attention accrue doit également être portée en matière de communication externe. Outre le respect du principe de publicité, la Chambre invite l’Agence à rendre son site Internet plus convivial et à le tenir plus fréquemment à jour. L’Agence devrait également se doter d’un service de relations publiques chargé de la diffusion d’informations au grand public ainsi qu’à la presse.“

“La Chambre estime par ailleurs que, dans l’exercice de ses missions, l’Agence doit privilégier une concertation et un dialogue permanent avec l’ensemble de ses partenaires.“


Bien sûr, on craint que les Ecolos prennent cela comme grain à moudre pour leur moulin sans nuances sur la réalité du nucléaire en Belgique, bien sûr on a l’habitude que personne ne se soucie avec bon sens de ces matières si techniques et si difficiles à appréhender, mais le vrai du vrai, c’est que de cela, en notre bonne Belgique, tout le monde s’en fout... car tant qu’on a BHV… tant qu’on a BHV…. On aura toujours un bon feuilleton au JT.

jeudi 20 septembre 2007

"La Belgique est-elle encore une démocratie ?" Non, peut-être? Et la France?

Jean Quatremer ose cette intervention dans les commentaire de son article intitulé : La Belgique est-elle encore une démocratie ? :

"Atous: la question du rattachement de la Wallonie à la France agite plusieurs d'entre vous. Voici mon opinion, pour ce qu'elle vaut: la Belgique n'existe que parce qu'elle réunit la Flandre et la Wallonie (la francisation de Bruxelles étant un accident ;-)). Si la Flandre prend son indépendance, le mouvement en faveur d'un rattachement à la France sera inéluctable car il n'y a pas d'identité wallone: il y a des identités régionales mais pas wallone en tant que tel. C'est pour cela que les francophones sont tellement attachés à la Belgique. Prenons un autre exemple: si le Québec prenait son indépendance, le Canada anglais perdrait sa raison d'être et tout le monde en est conscient dans ce pays. Il ne s'écoulerait pas dix ans avant que les Etats-Unis s'étendent au nord... En plus, les francophones auront tout à gagner: un Etat qui fonctionne, des impôts sur le travail beaucoup plus bas, des retraites bien plus attrayantes, etc. Etre français, surtout aujourd'hui, ne veut pas dire que l'on renonce à sa spécificité.Cela étant, si la scission belge me paraît inévitable aujourd'hui, elle prendra encore quelques années. Tout comme le rapprochement de la Wallonie et de la France."
Je me permets de vous répondre longuement à cet avis que vous donnez et qui éclaire d’un jour nouveau vos billets. D’abord, sachez qu’il est définitvement erroné de dire que la Belgique « n’existe pas parce qu'elle réunit la Flandre et la Wallonie ». Si vous êtres convaincu de cela, c’est que vous avez été, comme beaucoup de mes compatriotes, un peu trop été influencé par la revisitation historique fait par les Flamands. Or, ces manipulations historiques sont monnaie courante des nationalistes de tous bords. Un journaliste comme vous a les moyens de prendre un peu de hauteur et de recul historique.
Je ne vais pas vous faire un cours, bien que je sois historienne, mais je peux au moins vous rappeler que depuis toujours la France (en tant que nation)n’a eu maille à partie avec la Belgique que durant une très brève période et c’est par l’envahissement, l’enrôlement de force de jeunes gens dans les armées napoléoniennes, le pillage des fonds culturels et religieux belges que tout cela s’est fait. Cette période très brève et pleine de souffrances est celle de la fin du 18ème siècle et a été rompue par le traité de Vienne, la période orangiste et définitivement par l’Indépendance de la Belgique. La plupart des duchés, comtés et autres entités qui composaient la Begiques ont eu un destin généralement commun, sous l’autorités de souverains étrangers ( espagnols, autrichiens, etc…) Les SEULS qui nous ont dominés de force sont les Français.Ce qui nous a apporté le Code Napoléonnien, ce qui n'est pas une moindre avancée, mais pour le reste....
Il y a une identité francophones, avec ses nuances bruxelloises et wallonnes, une histoire belge et en son sein des variances d’identités linguistiques. Nous avons nos artistes, nos écrivains, nos théoriciens, nos scientifiques, nos créateurs, nos entrepreneurs. Notre manière de concevoir la vie en entreprise est à mille lieues de celle des français qui prônent les hiérarchies fortes, notamment, contrairement aux belges qui travaillent par hiérarchies plates ( au Nord comme au Sud). Nous avons cent fois plus de points communs avec les Flamands qu’avec les français. Malgré toute l’immense sympathie que j’ai pour votre peuple, nous avons des différences inéluctables inscrites dans les gènes de notre Histoire.
Votre politique ( binaire et aussi antidémocratique ainsi qu’on a pu voir l’éviction d’un MODEM aux élections législatives pour raison de mode de calcul de scrutin réellement défavorable aux petits partis sans alliances…) , votre conception de la laïcité, votre organisation centralisatrice, votre suprématie du centre Parisien sur ses régions, etc… Rien ne correspond à notre manière de vivre. Ni nos acquis sociaux (la concertation sociale est à ses balbutiements démocratique en France par rapport à la référence que constituent les systèmes mis en place au Nord comme au Sud de mon pays). Les discriminations à l’emploi pour les étrangers sont cent fois plus graves en France. Et nous francophones de Belgique, on ne vote pas à 20 pour cent pour un parti d’extrême droite….
Alors, merci pour votre « état qui fonctionne » malgré ses incapacités à gérer son inflation, à rentrer dans le giron de l’Europe pour ces questions économiques, malgré ses renvois massifs d’immigrés aux frontières sur base de quotas prédéfinis, ses essais nucléaires et ses interventions va-t-en-guerre, ses insensés conflits d'égos au sein des partis, malgré ses banlieux incendiés pour cause de ghettoïsation, malgré la mainmise croissante de l’Etat sur la presse, malgré les habitude d’amnestier les autorités de l’Etat qui fraudent ou volent le peuple français, malgré tout cela. Vos retraites ne sont pas plus attrayantes, vos impôts sont plus bas, mais moi, je peux choisir mes médecins, être soignée à moindre coût partout, dans des hôpitaux de qualité sans attendre durant des mois ou faire cinq cent kilomètres pour des traitements de pointe, j’ai la chance de choisir pour mes enfants le type d’enseignement libre ou public que je veux, j’ai certes une grosse retenue salariale, mais selon tous les sondages, les Belges se sentent heureux, sont conscient qu’il possède une des meilleure protection sociale au monde ( et bien meilleure que celle de France ou d’Angleterre où vivent mes frères).
Je refuse d’aller vers une France qui me ferait perdre tous ces avantages qui sont l’apanage de l’esprit social et proche des préoccupations du peuple de mon pays. J’aime la France. C’est un pays varié, magnifique, soucieux de sa culture, et qui a l’immense avantage de nous ouvrir sur le monde par la proportion de francophones voisins qu’elle représente. Mais, on a décidément pas le même sens des réalités, ni le sens de l’humour ;-)(là, j'avoue, que je l'ai un peu perdu à vous lire).
Rien que l’idée de devoir voter pour un président entre une droite trop à droite et une gauche trop à gauche, de devoir se farcir ses guignoleries durant 5 ans et d’être considéré comme une sous-régions rapportées et pauvre d’un pays qui nous méprisera tout en s’attribuant le bénéfice de nos talents, je préfère mille fois vivre la situation actuelle que celle-là. Les Flamands au moins, parlent un même langage quand il s'agit des fondamentaux soci-économiques et quoi qu’ils ne veulent pas se l’avouer, ils parlent aussi un langage culturel bien plus commun au nôtre que celui de la France.
La seule très importante chose qui nous rapproche est la langue. Mais tandis que nous avons les meilleurs grammairiens de francophonie, vous imposer des réformes de l’orthographe à l’ensemble de la francophonie sous le prétexte, discutable, que vous êtes français et qu’éponymement cette langue vous appartient et que vous en constituez la référence. Vous n’êtes pas prêts à englober une nation. Nous ne pouvons qu’être de merveilleux voisins. Mais pas vivre sous les mêmes règles, ni les mêmes lois. Pour prendre un exemple parlant par rapport à votre actualité récente : on a pas le même ADN, on parle la même langue, mais on est pas de la même famille. Avec les flamands, au moins on a le même ADN, avec eux, on ne devra pas passer notre vie à expliquer des évidences fondamentales. On doit juste passer notre vie à supporter la montée du nationalisme, mais à bien y regarder, vous n’avez, français, aucune amélioration à nous offrir sur ce point.(cfr 21 avril 2001).
Ne le prenez pas mal surtout, j’apprécie les efforts que vous faites pour nous comprendre, mais vous juger trop vite. Soyez plus à l'écoute, vous apprendrez plus. Laissez tomber vos apriori, voyez au-delà, sur base de principes éthiques et démocratiques. Nos élections communales (municipales) sont un modèle de démocratie, la réforme a eu lieu récemment mais n’a fait qu’affiner un système déjà éprouvé. Nous savons évoluer. Que ne parlez-vous aussi de ces éléments-là ? Plutôt que d’asséner qu’on est pas démocratique, sous prétexte que vous le seriez davantage ? Aux dernières nouvelles, nous n’avons jamais jeté des dizaines d’algériens dans la Seine sans jamais poursuivre les auteurs ni même admettre le fait ainsi que la France l’a fait depuis le 17 octobre 1961…
( je sens que je déborde, pardonnez-moi encore...)
Vous avez le DROIT et même le DEVOIR en tant que voisin, au sein de l'Europe et journaliste de nous examiner et nous critiquer. Ces points de vue sont les bienvenus. Mais acceptez aussi la critique que l'on peut vous faire de mieux vous informer sur certains points. Un pays, ce n'est pas que deux langues et une clique de politiciens du moment. C'est bien plus large et profond que cela... Ca a droit a plus de respect qu'une annexion par le mépris de notre identité.

mardi 18 septembre 2007

100 Jours ! Revue du net : peuples et folklores



100 jours sans gouvernement et toujorus pas un petit coin de ciel bleu-orange à l'horizon fédéral...

Une image pour visulaliser 100 et quelques jours à venir sans gouvernement :
http://www.orange-bleue.info/wp-content/uploads/2007/09/plus-que-265.jpg

Pendant que certains chantent (http://uk.youtube.com/watch?v=ffOpIR1o4_0 ) d’autres dansent aussi (http://fr.youtube.com/watch?v=JoWXVllidLg) ou inventent des Karaoké : http://uk.youtube.com/watch?v=V1OzRU6_Rxc

Pendant que certains veulent régionaliser tout (http://uk.youtube.com/watch?v=ffOpIR1o4_0) d’autres songent à refédéralisation partielle….. (http://www.lesoir.be/actualite/belgique/l-invite-du-lundi-rudy-2007-09-16-549829.shtml ) puis se font virer http://www.lesoir.be/actualite/belgique/rudy-aernoudt-on-frole-la-2007-09-16-549833.shtml


Et pendant ce temps sur Flickr :
http://www.flickr.com/photos/tags/orangebleue2007/

lundi 17 septembre 2007

Dans la rubrique « J’ai tout confondu » - nous vu de France




Dans la rubrique « J’ai tout confondu »

lu dans le Figaro cet extrait très symptomatique :

« L'exemple belge

Observer, ces jours-ci, la Belgique se déchirer entre Flamands néerlandophones et Wallons francophones rappelle combien une nation est fragile, quand elle n'est plus soudée par une identité commune ou un même sentiment d'appartenance. Au coeur de l'Europe, ce pays peut éclater parce que deux communautés, pourtant issues d'une même culture chrétienne, ne se sentent plus solidaires. Autant dire qu'il est urgent pour la France de s'assurer de la solidité du sentiment national qui maintient son unité, alors qu'une immigration de peuplement bouleverse sa démographie. L'Ile-de-France, qui regroupe 19 % de la population, contribue à 43 % de l'accroissement naturel du pays (Population et Avenir, septembre 2007), notamment sous l'effet de la fécondité d'une immigration africaine et nord-africaine. La France saura-t-elle toujours faire partager ses valeurs à cette population majoritairement musulmane et géographiquement concentrée ? Elle ne le pourra qu'en résistant aux pressions de l'islam radical, inconciliable avec l'universalisme des Lumières. »


Lire l’écho de nos errances politiques au travers de la presse étrangère, particulièrement la presse française a souvent de quoi étonner. Je suppose que nous aussi, souvent nous produisons à l’encontre de nos voisins des contre-sens et des contre-vérités dus à des transfert d’expérience. Cet article du Figaro vient nous rappeler combien on ne s’improvise pas dans l’analyse politique internationale sans une base sérieuse sur les différences qui fondent nos pays.

Transfert est le mot exact, oui, car cette analyse repose sur trois présupposés idéologiques propre à l’auteur, son journal et son pays :

- Le Figaro est un journal de tendance de droite, traditionnel supporter de la classe politique de droite, très attachés aux valeurs dites « chrétiennes » qu’il considère comme fondatrice de la nation française ( la France fille aînée de l’Eglise).


- La France a vécu, notamment en 2006, de nombreux troubles liés à sa politiques de ghettoïsation des populations immigrées, à sa difficulté à accepter dans leur multiculturalité ces populations (notamment sur le marché de l’emploi et dans l’ouverture des mentalités). Bruxelles n’est pas Paris. Nos populations immigrées n’ont rien à voir avec les leurs, ni la manière dont elles sont intégrées au sein des espaces de vie, ni la vision que la population a à leur endroit.

- La France est un pays unilingue. Même si dans les fait ce n’est pas réellement exact, il n’y a qu’une seule langue officielle, servie depuis toujours par une centralisation fortement fondée sur la promotion du français comme communication fédératrice. Les grandes scissions contemporaines sont plus ressenties face à un Islam que des personnes comme ce journaliste continuent à considérer comme un « élément rapporté » dans le patchwork des mentalités de la population, au pire un intrus, au mieux un hôte.

La situation en Belgique est fortement différente et ne peut donc servir ni d’exemple, ni d’argument à un monopole de valeurs « philosophiques » dominantes sur des populations d’autres convictions (amalgamées à des populations immigrées, voire étrangères).

Notre hïatus entre flamands et wallon vient justement de cette montée de l’idée nationale, idée nationale fondée sur la langue et extrapolée au territoire, légitime ou mythique, comme toujours dans les idéologies nationalistes. Cette mentalité est étrangère à la plupart des francophones. J’en veux pour preuve les scores très bas de l’extrême droite en Belgique francophone au regard de ce que parvient à obtenir le Vlaams Belang en Flandre. L’extrême droite flamande d’une part, les nationalistes flamands d’autres part promeuvent l’idée d’une Flandre autosuffisante, à la fois forte et supérieure, dont la rancoeur se voit toujours alimentée en se posant en victime d’ennemis qu’on peine à trouver dans le reste du pays. (Le comportement susceptible face aux francophones et soi-disant incompris que Leterme promulgue le concernant rejoint tout-à-fait cette mentalité gagnante qui rejette la faute sur l'autre. Mentalité utilisée à foison par Sarkosy lors de sa campagne et qui fut on ne plus payante)

Leurs opposants, ceux dont ils veulent se distinguer dans les faits, sont dans un premeir temps les francophones. Ceci est justifié par une Histoire contemporaine (moitié du 19ème siècle à mi-vingtième) qui semble, si on regarde de très loin, justifier leur haine des francophones qui les auraient dominés. En fait, ils en veulent à des élites flamandes, qui bourgeoises en francophone par culture de classe et non par extraction, les ont dominés injustement, tout comme de nombreux wallons et bruxellois ont été, eux aussi, dominés par des élites, partons tout puissants, francophones, certes (mais les wallons parlaient encore wallon à ce moment-là) mais pas de leur classe ni extraction.

Comme on peut le voir, la déchirure entre nos deux grands groupes de population belge vient précisément d’une montée de nationalisme et de fonder sur la langue puis sur le sol associé « une identité commune ou un même sentiment d'appartenance » à l’exclusion des autres.

Dans ce tableau, il est clair que l’on peut imaginer qu’une personne d’origine étrangère pourra se sentir plus rejetée dans une portion de territoire où une personne sur 4 vote pour un parti ouvertement raciste et xénophobe. Sans compter que les partis nationalistes n’ont pas toujours des vues très tolérantes envers les étrangers quels que soient leurs discours de façade. Et qu'on peut extrapoler sur un dégradé de convictions des plus extrême à droite au plus extrême à gauche.

La conclusion de tout ceci est que l’intitulé de l’entrefilet du Figaro aurait du s’appeler le « contre-exemple » belge, plutôt que « l’exemple » belge. Le seul exemple que la Belgique puisse susciter à l’étranger est un enième rappel de combien une idéologie nationaliste peut conduire aux pires manipulations des esprits des masses et aux pires conséquences en terme de l’avenir des peuples à vivre ensemble et à s’accepter dans leurs différences.

samedi 15 septembre 2007

La Belgique n’est pas un poisson soluble dans l’eau*


A l’heure, que certains, dans d’autres contrées, nommeraient grave, où la Belgique cherche à tâtons et dans le noir ceux qui voudront bien prendre la responsabilité de gérer intelligemment sa population diverse et variée, une question me taraude l’esprit… La Belgique serait-elle un poisson soluble dans l’eau ?

La référence à l’eau, et au cachet effervescent à de quoi faire sourire. C’est vrai que nous, belges, aimons rire de nous et mourir de rire, aussi, quelques fois… mais elle n’est pas si incongrue qu’on pourrait le penser. Ainsi cet intitulé de l’article de Quatremer correspondant de Liberation, la semaine dernière ne s’intitulait-il pas « La Belgique s’évapore » ? Voila donc la raison de nos si grandes « facilités » avec les frontières internes : nous sommes le seul pays liquide au monde. Il suffit de grandes chaleurs en avril, d’un réchauffement climatique, peut-être, qui sait ?, et nous nous évaporons en millions de petites particules élémentaires. 66% de ces particules parlent néerlandais (et ses variantes flamandes), 33% parlent français, et le pourcent restant parle allemand. Moi, je dis à notre cher voisin du Sud, Monsieur Quatremer, attention aux retombées de pluies acides !!, ou tout le moins amères….

Non, en fait, ce qui m’étonne le plus dans les débats communautaires qui phagocytent complètement les négociations c’est l’évaporation des débats sur les vrais soucis des gens (pour rappel, les sondages faits en mai, donnait comme première préoccupation politique des belges, Nord et Sud confondus : L’environnement et le réchauffement climatique. Les points suivants concernaient plus l’emploi, les pensions et autre avancées sociales. Mais dans toute cette liste, nul BHV, nulle scission du code de la route ou des chemins de fer, de la sécu, de l’emploi ou des impôts sur la personne)

C’est que la vraie urgence jusqu’en mai semblait être de lutter enfin le plus efficacement possible, même si un peu tard, contre le réchauffement climatique, de sauver notre planète et plus égoïstement nos ressources et nos territoires pour enfin envisager un avenir meilleur pour nos enfants. Ils nous l’ont tous dit, Berger, Van Yperseel (pas le conseiller du Roi, le climatologue) Hulot, Arthus-Bertrand, l’américain Gore même, on a vu les politiques défiler dans les salles obscures pour y recevoir une tardive lumière. Tous opinaient du chef. Maintenant qu’il n’y a plus de chef, ils sortent les opinels et on dépèce la Belgique au couteau.

Une image qui circulait sur le net accompagnée de cette laconique légende : « Enfin une solution sérieuse: » m’a fait plus que rire de ce ricanement propre au francophone belge lassé de recevoir des coups, elle m’a fait me ressouvenir d’une question lancinante qui me hante depuis 20 ans : la Belgique sera-t-elle soluble dans l’eau ? Quid d’une montée de la mer, de polders submergés, de ce Plat Pays que chantait Brel, parfois en français, parfois en néerlandais, avec sa Mer du Nord comme dernier terrain vague ? Quid de ces champs, ces villages, ces villes en altitude si peu haute que l’on peut craindre qu’une montée des mers, déjà remarquée sur des contrées plus sensibles, n’emportent finalement le territoire linguistiquement homogène sous les eaux, les grandes, les furieuses et les définitives eaux de cette côte, qui dans mille ans sera, on peut le craindre, une côte ni plus belge, ni même flamande, mais hélas définitivement wallonne ?

« L’eau qui grignote le littoral, les marées qui s'avancent, d’année en année. D’abord des marées de plus ne plus violentes, de plus en plus hautes. Les villes côtières, inondées sporadiquement, puis de plus en plus régulièrement, à en devenir invivables. Les immeubles du front de mer qui se fissurent pour s’effondrer, coquilles vides de leurs habitants. Une ribambelle de stations balnéaires qui sont désertées, qui s‘engloutissent, décimètre après décimètre. et puis surtout, la mer qui s’écoule dans l’intérieur des terres. L’Escaut qui, au moment des marées, voit l’eau salée refluer bien en amont du littoral. Les pâturages engloutis, salinisés. La côte est abandonnée, les vagues avancent vers Bruges. Une génération. Bruges va résister une génération. A grand coup de digues, de pompes, de canaux creusés dans l’urgence. (…) Seuls restent les touristes. « Voir Bruges avant qu’elle ne disparaisse » Slogan d’une campagne de Nouvelle Aventure, pour un week end à Bruges. »
l’Abbaye des Dunes, in D’eau et de pierres, de Benoit Corten

On commandite des chiffres, des sondages, des statistiques tous les jours en Belgique. Leur objet d’étude ? Les chiffres des transferts Nord-Sud, des indépendantistes au Nord et au Sud, des politiciens les plus « populaires »… Mais qui a commandé un plan de la montée des eaux qui finira bien par survenir un jour, vu qu’on ne fait RIEN pour que ça change et que ça ne survienne pas dans 10, 15, 20 ou 50 ans ? Quelle sera la cartographie des terres inondées ? Qu’est-ce qu’il restera au 6 millions de flamands comme « espace vital ». 6 millions de flamands dont 25% aujourd’hui votent extrême droite ? Qu’ont fait les allemands fin des années trente quand, hantés d’idées nationalistes, ils ont considéré que l’espace nécessaire à la survie de leur peuple si pur leur manquait sur leur territoire défini ? Je dis cela, je ne dis rien… hein, l’Histoire a quelques fois des leçons à nous donner.

Alors, oui, je m’interroge, la Belgique est-elle soluble dans l’eau ? Sa terre, hélas, certainement un jour… Son peuple, cela dépend des yeux qui s’ouvrent ou non sur les vrais défis à venir, sur les vrais causes communes. C’est une révolution par le bas, par l’urgence des gens, non par l’idéologie des peuples. Et comme le peuple on ne l’entend plus, sous le vacarme assourdissant des politiciens qui parlent en son nom dans une légitimité qui s’effrite de jour sans gouvernement en jour sans gouvernement… Je crains fort que le redressement économique de la Wallonie passe d’ici peu par la fabrication de bottes, canots de survie et de gilets de sauvetage à destination du nouveau marché flamand. Enfin, d'ici là, la Wallonnie continuera à alimenter en eau courante et eau potable la Flandre, puisque cette richesse-là, comme la jeunesse nos amis du Nord ne la possède pas.










* Le poisson soluble est rare, très rare et il a un nom que Geluck lui a donné dans son encyclopédie "Un peu de tout" que je ne possède plus et que donc, je ne peux vous dire.