jeudi 20 septembre 2007
"La Belgique est-elle encore une démocratie ?" Non, peut-être? Et la France?
mardi 18 septembre 2007
100 Jours ! Revue du net : peuples et folklores

100 jours sans gouvernement et toujorus pas un petit coin de ciel bleu-orange à l'horizon fédéral...
http://www.orange-bleue.info/wp-content/uploads/2007/09/plus-que-265.jpg
Pendant que certains chantent (http://uk.youtube.com/watch?v=ffOpIR1o4_0 ) d’autres dansent aussi (http://fr.youtube.com/watch?v=JoWXVllidLg) ou inventent des Karaoké : http://uk.youtube.com/watch?v=V1OzRU6_Rxc
Pendant que certains veulent régionaliser tout (http://uk.youtube.com/watch?v=ffOpIR1o4_0) d’autres songent à refédéralisation partielle….. (http://www.lesoir.be/actualite/belgique/l-invite-du-lundi-rudy-2007-09-16-549829.shtml ) puis se font virer http://www.lesoir.be/actualite/belgique/rudy-aernoudt-on-frole-la-2007-09-16-549833.shtml
Et pendant ce temps sur Flickr :
http://www.flickr.com/photos/tags/orangebleue2007/
lundi 17 septembre 2007
Dans la rubrique « J’ai tout confondu » - nous vu de France
Dans la rubrique « J’ai tout confondu »
lu dans le Figaro cet extrait très symptomatique :
« L'exemple belge
Observer, ces jours-ci, la Belgique se déchirer entre Flamands néerlandophones et Wallons francophones rappelle combien une nation est fragile, quand elle n'est plus soudée par une identité commune ou un même sentiment d'appartenance. Au coeur de l'Europe, ce pays peut éclater parce que deux communautés, pourtant issues d'une même culture chrétienne, ne se sentent plus solidaires. Autant dire qu'il est urgent pour la France de s'assurer de la solidité du sentiment national qui maintient son unité, alors qu'une immigration de peuplement bouleverse sa démographie. L'Ile-de-France, qui regroupe 19 % de la population, contribue à 43 % de l'accroissement naturel du pays (Population et Avenir, septembre 2007), notamment sous l'effet de la fécondité d'une immigration africaine et nord-africaine. La France saura-t-elle toujours faire partager ses valeurs à cette population majoritairement musulmane et géographiquement concentrée ? Elle ne le pourra qu'en résistant aux pressions de l'islam radical, inconciliable avec l'universalisme des Lumières. »
Lire l’écho de nos errances politiques au travers de la presse étrangère, particulièrement la presse française a souvent de quoi étonner. Je suppose que nous aussi, souvent nous produisons à l’encontre de nos voisins des contre-sens et des contre-vérités dus à des transfert d’expérience. Cet article du Figaro vient nous rappeler combien on ne s’improvise pas dans l’analyse politique internationale sans une base sérieuse sur les différences qui fondent nos pays.
Transfert est le mot exact, oui, car cette analyse repose sur trois présupposés idéologiques propre à l’auteur, son journal et son pays :
- Le Figaro est un journal de tendance de droite, traditionnel supporter de la classe politique de droite, très attachés aux valeurs dites « chrétiennes » qu’il considère comme fondatrice de la nation française ( la France fille aînée de l’Eglise).
- La France a vécu, notamment en 2006, de nombreux troubles liés à sa politiques de ghettoïsation des populations immigrées, à sa difficulté à accepter dans leur multiculturalité ces populations (notamment sur le marché de l’emploi et dans l’ouverture des mentalités). Bruxelles n’est pas Paris. Nos populations immigrées n’ont rien à voir avec les leurs, ni la manière dont elles sont intégrées au sein des espaces de vie, ni la vision que la population a à leur endroit.
- La France est un pays unilingue. Même si dans les fait ce n’est pas réellement exact, il n’y a qu’une seule langue officielle, servie depuis toujours par une centralisation fortement fondée sur la promotion du français comme communication fédératrice. Les grandes scissions contemporaines sont plus ressenties face à un Islam que des personnes comme ce journaliste continuent à considérer comme un « élément rapporté » dans le patchwork des mentalités de la population, au pire un intrus, au mieux un hôte.
La situation en Belgique est fortement différente et ne peut donc servir ni d’exemple, ni d’argument à un monopole de valeurs « philosophiques » dominantes sur des populations d’autres convictions (amalgamées à des populations immigrées, voire étrangères).
Notre hïatus entre flamands et wallon vient justement de cette montée de l’idée nationale, idée nationale fondée sur la langue et extrapolée au territoire, légitime ou mythique, comme toujours dans les idéologies nationalistes. Cette mentalité est étrangère à la plupart des francophones. J’en veux pour preuve les scores très bas de l’extrême droite en Belgique francophone au regard de ce que parvient à obtenir le Vlaams Belang en Flandre. L’extrême droite flamande d’une part, les nationalistes flamands d’autres part promeuvent l’idée d’une Flandre autosuffisante, à la fois forte et supérieure, dont la rancoeur se voit toujours alimentée en se posant en victime d’ennemis qu’on peine à trouver dans le reste du pays. (Le comportement susceptible face aux francophones et soi-disant incompris que Leterme promulgue le concernant rejoint tout-à-fait cette mentalité gagnante qui rejette la faute sur l'autre. Mentalité utilisée à foison par Sarkosy lors de sa campagne et qui fut on ne plus payante)
Leurs opposants, ceux dont ils veulent se distinguer dans les faits, sont dans un premeir temps les francophones. Ceci est justifié par une Histoire contemporaine (moitié du 19ème siècle à mi-vingtième) qui semble, si on regarde de très loin, justifier leur haine des francophones qui les auraient dominés. En fait, ils en veulent à des élites flamandes, qui bourgeoises en francophone par culture de classe et non par extraction, les ont dominés injustement, tout comme de nombreux wallons et bruxellois ont été, eux aussi, dominés par des élites, partons tout puissants, francophones, certes (mais les wallons parlaient encore wallon à ce moment-là) mais pas de leur classe ni extraction.
Comme on peut le voir, la déchirure entre nos deux grands groupes de population belge vient précisément d’une montée de nationalisme et de fonder sur la langue puis sur le sol associé « une identité commune ou un même sentiment d'appartenance » à l’exclusion des autres.
Dans ce tableau, il est clair que l’on peut imaginer qu’une personne d’origine étrangère pourra se sentir plus rejetée dans une portion de territoire où une personne sur 4 vote pour un parti ouvertement raciste et xénophobe. Sans compter que les partis nationalistes n’ont pas toujours des vues très tolérantes envers les étrangers quels que soient leurs discours de façade. Et qu'on peut extrapoler sur un dégradé de convictions des plus extrême à droite au plus extrême à gauche.
La conclusion de tout ceci est que l’intitulé de l’entrefilet du Figaro aurait du s’appeler le « contre-exemple » belge, plutôt que « l’exemple » belge. Le seul exemple que la Belgique puisse susciter à l’étranger est un enième rappel de combien une idéologie nationaliste peut conduire aux pires manipulations des esprits des masses et aux pires conséquences en terme de l’avenir des peuples à vivre ensemble et à s’accepter dans leurs différences.
samedi 15 septembre 2007
La Belgique n’est pas un poisson soluble dans l’eau*
A l’heure, que certains, dans d’autres contrées, nommeraient grave, où la Belgique cherche à tâtons et dans le noir ceux qui voudront bien prendre la responsabilité de gérer intelligemment sa population diverse et variée, une question me taraude l’esprit… La Belgique serait-elle un poisson soluble dans l’eau ?
La référence à l’eau, et au cachet effervescent à de quoi faire sourire. C’est vrai que nous, belges, aimons rire de nous et mourir de rire, aussi, quelques fois… mais elle n’est pas si incongrue qu’on pourrait le penser. Ainsi cet intitulé de l’article de Quatremer correspondant de Liberation, la semaine dernière ne s’intitulait-il pas « La Belgique s’évapore » ? Voila donc la raison de nos si grandes « facilités » avec les frontières internes : nous sommes le seul pays liquide au monde. Il suffit de grandes chaleurs en avril, d’un réchauffement climatique, peut-être, qui sait ?, et nous nous évaporons en millions de petites particules élémentaires. 66% de ces particules parlent néerlandais (et ses variantes flamandes), 33% parlent français, et le pourcent restant parle allemand. Moi, je dis à notre cher voisin du Sud, Monsieur Quatremer, attention aux retombées de pluies acides !!, ou tout le moins amères….
Non, en fait, ce qui m’étonne le plus dans les débats communautaires qui phagocytent complètement les négociations c’est l’évaporation des débats sur les vrais soucis des gens (pour rappel, les sondages faits en mai, donnait comme première préoccupation politique des belges, Nord et Sud confondus : L’environnement et le réchauffement climatique. Les points suivants concernaient plus l’emploi, les pensions et autre avancées sociales. Mais dans toute cette liste, nul BHV, nulle scission du code de la route ou des chemins de fer, de la sécu, de l’emploi ou des impôts sur la personne)
C’est que la vraie urgence jusqu’en mai semblait être de lutter enfin le plus efficacement possible, même si un peu tard, contre le réchauffement climatique, de sauver notre planète et plus égoïstement nos ressources et nos territoires pour enfin envisager un avenir meilleur pour nos enfants. Ils nous l’ont tous dit, Berger, Van Yperseel (pas le conseiller du Roi, le climatologue) Hulot, Arthus-Bertrand, l’américain Gore même, on a vu les politiques défiler dans les salles obscures pour y recevoir une tardive lumière. Tous opinaient du chef. Maintenant qu’il n’y a plus de chef, ils sortent les opinels et on dépèce la Belgique au couteau.
Une image qui circulait sur le net accompagnée de cette laconique légende : « Enfin une solution sérieuse: » m’a fait plus que rire de ce ricanement propre au francophone belge lassé de recevoir des coups, elle m’a fait me ressouvenir d’une question lancinante qui me hante depuis 20 ans : la Belgique sera-t-elle soluble dans l’eau ? Quid d’une montée de la mer, de polders submergés, de ce Plat Pays que chantait Brel, parfois en français, parfois en néerlandais, avec sa Mer du Nord comme dernier terrain vague ? Quid de ces champs, ces villages, ces villes en altitude si peu haute que l’on peut craindre qu’une montée des mers, déjà remarquée sur des contrées plus sensibles, n’emportent finalement le territoire linguistiquement homogène sous les eaux, les grandes, les furieuses et les définitives eaux de cette côte, qui dans mille ans sera, on peut le craindre, une côte ni plus belge, ni même flamande, mais hélas définitivement wallonne ?« L’eau qui grignote le littoral, les marées qui s'avancent, d’année en année. D’abord des marées de plus ne plus violentes, de plus en plus hautes. Les villes côtières, inondées sporadiquement, puis de plus en plus régulièrement, à en devenir invivables. Les immeubles du front de mer qui se fissurent pour s’effondrer, coquilles vides de leurs habitants. Une ribambelle de stations balnéaires qui sont désertées, qui s‘engloutissent, décimètre après décimètre. et puis surtout, la mer qui s’écoule dans l’intérieur des terres. L’Escaut qui, au moment des marées, voit l’eau salée refluer bien en amont du littoral. Les pâturages engloutis, salinisés. La côte est abandonnée, les vagues avancent vers Bruges. Une génération. Bruges va résister une génération. A grand coup de digues, de pompes, de canaux creusés dans l’urgence. (…) Seuls restent les touristes. « Voir Bruges avant qu’elle ne disparaisse » Slogan d’une campagne de Nouvelle Aventure, pour un week end à Bruges. » l’Abbaye des Dunes, in D’eau et de pierres, de Benoit Corten
On commandite des chiffres, des sondages, des statistiques tous les jours en Belgique. Leur objet d’étude ? Les chiffres des transferts Nord-Sud, des indépendantistes au Nord et au Sud, des politiciens les plus « populaires »… Mais qui a commandé un plan de la montée des eaux qui finira bien par survenir un jour, vu qu’on ne fait RIEN pour que ça change et que ça ne survienne pas dans 10, 15, 20 ou 50 ans ? Quelle sera la cartographie des terres inondées ? Qu’est-ce qu’il restera au 6 millions de flamands comme « espace vital ». 6 millions de flamands dont 25% aujourd’hui votent extrême droite ? Qu’ont fait les allemands fin des années trente quand, hantés d’idées nationalistes, ils ont considéré que l’espace nécessaire à la survie de leur peuple si pur leur manquait sur leur territoire défini ? Je dis cela, je ne dis rien… hein, l’Histoire a quelques fois des leçons à nous donner.
Alors, oui, je m’interroge, la Belgique est-elle soluble dans l’eau ? Sa terre, hélas, certainement un jour… Son peuple, cela dépend des yeux qui s’ouvrent ou non sur les vrais défis à venir, sur les vrais causes communes. C’est une révolution par le bas, par l’urgence des gens, non par l’idéologie des peuples. Et comme le peuple on ne l’entend plus, sous le vacarme assourdissant des politiciens qui parlent en son nom dans une légitimité qui s’effrite de jour sans gouvernement en jour sans gouvernement… Je crains fort que le redressement économique de la Wallonie passe d’ici peu par la fabrication de bottes, canots de survie et de gilets de sauvetage à destination du nouveau marché flamand. Enfin, d'ici là, la Wallonnie continuera à alimenter en eau courante et eau potable la Flandre, puisque cette richesse-là, comme la jeunesse nos amis du Nord ne la possède pas.
* Le poisson soluble est rare, très rare et il a un nom que Geluck lui a donné dans son encyclopédie "Un peu de tout" que je ne possède plus et que donc, je ne peux vous dire.